RIDERS OF DEATH - Heavy/Speed/Thrash 80'

NEKRONOIZ/KENJI SIRATORI - Sacrifice Creature
NEKRONOIZ/KENJI SIRATORI

Sacrifice Creature

2014


Chro par : Doomer


Le Dark Ambient.
Un genre souvent pratiqué par pas mal de groupes de Black, notamment dans la seconde moitié des 90's, quand n'importe quel pékin possédant un clavier Bontempi se sentait des idées d'être le nouveau Varg Vikernes, la savonnette sous la douche à Trondheim en moins. C'est qu'on en a eu des disques de synthétiseurs de merde sortis à cette époque, dont certains étaient même si mauvais qu'on les aurait refusé comme musique d'ascenseur. Mais en parallèle des maquillés des bois essayant de se donner vaguement des airs de hippies, il existe une véritable scène Dark Ambient, issue majoritairement à l'origine de la scène Darkwave affiliée au Gothique. Cette scène est d'ailleurs aussi fréquemment associée à la scène Harsh Noise, et préfère proposer des disques dont la musicalité joue sur l'association de bruits et de samples plus que sur trois notes tapées en boucle sur un clavier.

NekronoiZ, c'est à l'origine un projet parallèle de Azat-Psy-Tantra, tête pensante d'Alien Deviant Circus et chanteur chez le projet plus ou moins foireux Doctor Livingstone. La musique suit ici les grandes lignes du Harsh Noise : des bruits électroniques en boucle à vous faire péter les plombages sur des nappes de claviers particulièrement macabres créent une ambiance de misère industrielle. L'impression de se balader dans une usine en ruine un jour de brouillard, de ne plus voir le monde qu'en noir et blanc et nuances de gris. Azat s'est associé pour cet album avec l'artiste avant-gardiste japonais Kenji Siratori, et celui-ci apporte plusieurs idées bienvenues : un violon funèbre, une introduction à la guitare flamenco, des textes récités en japonais comme arrivant à nos oreilles au travers d'une radio, des passages lancinants à l'accordéon donnant l'impression d'assister à un bal macabre dans une quelconque crypte désolée...Cela renforce encore plus l'ambiance délétère qui s'échappe de chaque morceau.

Bien que composé de 8 titres, l'album s'écoute d'une traite sans que l'on s'en aperçoive vraiment. Ritualiste au possible, crasseux et désespéré, la musique de ce "Sacrifice Creature" semble avoir été composée avec à l'esprit des images comme celles que l'on trouve dans la série "True Detective" : un monde sinistre, une Nature magnifique mais hostile à l'Homme, qui cache en son sein les plus immondes des dépravations. Un disque tout en nuances, chose rare dans le genre, qui s'apprécie encore mieux au casque et dont la noirceur attirera aussi bien les Black que les Doom Metalleux.
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